Au bas d’un ravin, être ravi deux fois

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Entrées des gorges de Karangahake en Nouvelle Zélande

 

 

Au bas d’un ravin, être ravi deux fois

 

Au coeur d’un Eden frais,

Domaine où d’une reine

La pudeur se déflorerait,

Coule dans son berceau

Ce qui fait les fleuves, les mers

Mais n’est encore qu’un ruisseau

Ici, la nature murmure et danse,

Frétille aussi, au son d’une lyre

Fille de roseaux et de ronces

 

Sur l’autre rive et dans ce rêve

Qui chuchote son plaisir ivre

Apparaît, au soir, une grotte

Entre ses parois le chemin

Se fait de plus en plus étroit

Elle mène aux entrailles, à la peur

Viscérale de l’éviction de soi

 

Un froid vif me saisit et je grelotte

Mes nerfs, d’abord tremblants, se figent

Et, s’accordant, se ramassent en pelotte

Du passé, dans le noir, suinte l’écho

Des chaînes qui résonnent, des cris,

Du choc des marteaux et des plaintes

 

Aux soupirs se joint l’effroi, le souvenir

De ceux mal nés, mal aimés, qui

Dans un râle sourd extrayaient l’or roi

Celui qui fait le malheur ou la joie

D’autres hères, d’autres frères proches

En pioche ou loin de cette poche là.